Accueil
Nos coups de coeur
Rencontres et Signatures
Les libraires
Visite en images
Écrivez nous
Carte de Fidélité
Comment y aller ?
Commande en ligne
Newsletter
Sites amis


Conseils Essais


(N'hésitez pas à nous les commander ! )

     
 

Les décennies aveugles
de Philippe Askenazy (Seuil) -20 €

1970-2010 - Quarante ans de politiques de l'emploi, depuis les premières mesures sous Giscard d'Estaing jusqu'à Sarkozy. Le temps passe et la distance permet de revoir, avec le recul, les analyses, les mesures et les résultats des politiques sur le chômage. Débarrassé de la pression des commentaires politiciens, on peut enfin réfléchir en toute sérénité.
A l'époque on ne comprenait pas, on n'avait aucune grille d'analyse, aujourd'hui oui. Je n'ai pas la place de tout éplucher, mais il en ressort entre autre une accumulation d'erreurs systématiques, toutes familles politiques confondues. Askénazy n'a pas de mots assez durs pour les réformes Barre à la fin des années 70 et sur l'incapacité, finalement, de sortir des grilles proposées alors et ce, jusqu'à nos jours.
Sous des mots différents c'est toujours un «remake» des anciennes analyses, et comme ce sont toujours les mêmes ministres qui se succèdent depuis 40 ans, ils peuvent difficilement se renier. C'est à nous de les changer !
Pour les prochaines élections, c'est un livre de réflexion majeur, sans que l'on soit forcément d'accord avec toutes ces analyses. Je vous prie de me croire sur parole quand je vous dis qu'il est impossible de comprendre le monde et ses enjeux en se contentant de lire des journaux et de regarder la télévision : face à la vitesse de l'événement, vous n'avez affaire qu'à des rumeurs floues et à des acteurs en pleine représentation d'eux-mêmes et sans sincérité. Le temps est un grand sculpteur, le lecteur un grand critique et l'électeur le façonneur final.

Les decennies aveugles
 
 
Faut il manger les animaux ?

Faut-il manger les animaux ?
de Jonathan Safran Foer
(L'olivier) - 22 €

L'auteur de "Extrêmement fort et incroyablement près" nous parle de la manière dont nous traitons les animaux que nous mangeons. Statistiques et mythologies se mêlent dans un livre étrange et pénétrant sur nos tabous et nos pratiques culinaires. Tabous : on parlera plus facilement à table de pédophilie que de réticence alimentaire. Pratiques : on sait tous que nous n'accepterions jamais de voir la manière dont on se comporte avec ce qui est dans notre assiette (surtout comparé avec nos chiens ou chats). Si on est ce qu'on mange, comme je l'ai vu écrit quelque part, je suis mal barré !
Mais bon, lisez-le, cela en vaut la peine.

 
 
 
 

Amour : déconstruction d'un sentiment
de Richard Precht
(Belfond) - 21.50 €

C'est l'auteur d'un livre d'initiation à la philosophie : "Qui suis-je et, si je sui, combien ?" aussi chez Belfond, très bon livre à l'approche très originale dont je n'ai pas eu le temps de vous parler, mais en attendant, il est très bien ! voilà, c'est fait.
Contentons nous de son dernier : donc, comme le titre l'indique l'auteur passe au crible de son ironique savoir toutes les théories sur l'amour. Des acharnés du gène au tout culturel, des biologistes, endocrinologues, ornithologues, éthologistes aux psys de papa Freud, de John Gray, de ses martiens ou de ses vénusiennes, la légèreté des vieilles grilles est mise à nue. Rassurez-vous, l'amour ne vient d'aucune nécessité ni génétique, ni économique ni évolutive. C'est un cadeau gratuit, je vous laisse découvrir pourquoi.

Amour deconstruction d'un sentiment
 
 
Au commencement était le poisson

Au commencement était le poisson
de Neil Shubin (Robert Laffont) - 20 €

De la recherche du chaînon manquant entre le poisson marin et le premier à "prendre l'air" (on l'appellera Tiktaalik), Shubin va faire un des meilleurs livre sur l'évolution, que je n'ai jamais lu. Entre paléontologie, embryologie ou génétique, l'histoire de nos origines et la complexité apparente de nos "êtres" contemporains est soigneusement expliqué dans le livre le plus clair que je n'ai jamais lu sur ce thème.
Carl Sagan a eu cette formule célèbre "Contempler les étoiles c'est contempler le passé car la lumière qui nous parvient est partie avant même la naissance de notre soleil". Il en va de même dans la contemplation d'un humain car on voit transparaître dans nos formes, nos actes et même nos maladies, notre histoire d'être multicellulaire (600 millions d'années) de mammifères (200 millions d'années et d'homo (4 millions d'années).

 
 
 
 

Une crise peut en cacher une autre
de Pierre Lemieux (Belles Lettres) - 25 €

Le livre de Pierre Lemieux est assez fascinant dans le genre super libéral. Ses arguments sont forts, politiquement incorrects, donc intéressants !

La crise, selon lui, n'est pas due à l'excès de "laisser faire", ni à "l'avidité" des acteurs mais à l'action pernicieuse des interventions de l'état américain sur plusieurs décennies.
Lors de la crise de 29, quand la rumeur de faillite s'est propagée, chacun savait que l'argent mis dans sa banque n'était adossé à aucun groupe susceptible de mutualiser le risque, d'où la panique brutale qui mettait à genoux les banques immédiatement. Au Canada, où il n'y avait pas de réglementation, si il y a eu crise (par trop d'implication avec le puissant voisin), il n'y a eu aucune panique bancaire car 80% des agences appartenaient à un gros réseau et le problème est resté plus "soft".

Et en 2007 ? D'où part la crise ? De Freddie Mac et Fanny Mae, deux groupes de gestion de prêts hypothécaires où l'état est massivement parti prenante. L'état américain, comme n'importe quel état providence européen, s'est investi dans ces organismes pour permettre l'accès à la propriété des américains les plus pauvres. Il y a eu intervention massive du politique, par exemple en 1992 une plainte à été déposée pour racisme, car les quartiers noirs et latinos étaient peu démarchés : racisme forcément ! (En fait peut être parce qu'ils étaient plus pauvres, non ?)
Janet Reno, ministre de la justice, entrant dans le jeu des plaignants, déclare aux organismes de prêts financiers "N'attendez pas que le ministère de la justice frappe à votre porte". On entendait déjà le bruit des bottes.

Les banques, qui ne veulent pas d'ennuis, veulent que l'on démarche les plus pauvres ? On ouvre des succursales. D'ailleurs, l'administration fédérale, bon enfant, apporte sa garantie sur près de la moitié du montant des prêts, on fait payer plus cher (subprime) mais qu'importe, régulièrement les politiques américains le disent : "c'est un système que le monde nous envie". Georges Bush ne reviendra jamais dessus, au contraire, il faut "mettre les administrations des états au service de la propriété immobilière !"
Si l'état se porte garant, alors "too big too fail !" comme on dit, pourquoi se gêner ? Alors on prête et on demande à Freddie Mac et Fanny Mae de gérer et titriser les risques, d'ailleurs l'adresse mail de Freddie Mac finit par ".gov"… voilà qui inspire confiance.

C'est la garantie irréfléchie de l'état qui entraine les surenchères et l'absence de garantie des prêteurs. La cupidité ? Mais toute action marchande est motivée par la cupidité et il n' y a pas de crise chaque année. Autant dire que c'est la gravité qui est la cause de la mort de quelqu'un qu'on a poussé à bas de son balcon.

Bref ce n'est qu'un aperçu d'un essai qui fait beaucoup réfléchir même si je ne partage pas toutes ses hypothèses. Croire que la crise est un simple problème de "laisser faire", c'est s'aveugler, ça je veux bien le croire, et comme l'auteur le dit lui même dans le titre de son livre "Une crise peut en cacher une autre".

Une crise peut en cacher une autre
 
 
Les trois sagesses chinoises

Les trois sagesses chinoises : Taoïsme, Confucianisme et Bouddhisme
de Cyrille J.D. Javary
(Albin Michel) - 17 €

L’auteur étudie l’apparition, le développement théologique, philosophique et politique des origines à nos jours des trois mouvements de pensée qui structurent la Chine traditionnelle et moderne.  225 pages suffisent pour toucher le cœur des problèmes de mentalités, de croyance et de traduction posés par la distance culturelle des traditions occidentale et chinoise.
Je me rappelle avoir lu vers mes 20 ans «Les entretiens» de Confucius, j’avais trouvé cela assez ennuyeux, très moralisant et terre à terre. Je m’étais dit «o
u bien les centaines des millions de chinois inspirés par Confucius à travers les siècles sont vraiment simplets, ou quelque chose m’échappe. Trente ans plus tard je peux enfin répondre : «Quelque chose m’avait échappé !».
D
eux discours m’ont particulièrement intéressé dans ce livre. L’intégration des sagesses dans le temps, des origines à nos jours, avec les hauts et les bas de chaque influence, et les remarques sur les problèmes insolubles de traduction.
Vous voulez traduire «Nous sommes tous frères» : l'idéogramme « frère » n’existe pas ! Il faut choisir, frère cadet, aîné, puîné, avec ce que cela implique de hiérarchie. Les monastères bouddhiques choquaient beaucoup les taoïstes et les disciples de Confucius, on en voit la trace dans l’expression « Rentrer dans les ordres »  traduit en chinois par «sortir de la famille ». Catholicisme s’écrit : « Enseignement du maître du ciel » dans son simple énoncé il s’agit d’un enseignement, non d’une révélation, assimilant  donc la prédication du Christ à un enseignement comme celui de Lao-Tse ou Confucius...
Bref une bonne introduction, bien écrite et facile d’accès.

 
 
 
 

En arc-en-ciel dans la nuit
de Dominique Lapierre (Pocket) - 7.30 €

Vient de paraître en  poche cette histoire de l'Afrique du Sud; du débarquement des premiers colons hollandais face aux tribus Khoïs et Xhosas à l'arrivée de Nelson Mandela. Une histoire racontée avec tout le savoir faire de Lapierre (La cité de la joie, O Jérusalem, Cette nuit de liberté...). Ambitions des hommes, perditions des peuples, une mosaïque de tragédies, rien d'autre que de l'histoire humaine.

Un arc-en-ciel dans la nuit
 
 
 L'afrique noire est-elle maudite ?

 L'Afrique noire est-elle maudite ?
de Moussa Konaté
(Fayard) - 16.50 €

Le titre raconte le livre. Konaté résume l'histoire de l'Afrique noire dans ses grandes lignes (certains la connaissent). Il évoque l'effet mémoriel que ces catastrophes ont eu sur les populations africaines (et rares sont ceux qui la connaisse). Konaté se demande "et les Africains, qu'en ont-ils pensé ?, quelles sont les douleurs qui marquent encore leur présent ?" Notre Europe est pleine de "devoir de mémoire", mais la mémoire de l'Afrique, où nous mène-t-elle ?
L'Afrique noire est toujours à la recherche de son mâle paradis perdu (patriarcat , quand tu nous tiens !), et paye le prix de son ancienne logique de solidarité familiale et clanique qui étouffe toutes les initiatives individuelles, qui sont pourtant le  moteur de la modernisation.
Peut-être la comprendra-t-on mieux après ce livre.

 
 
 
 

Afghanistan 2001-2010
de Jean Charles Jauffret
(Autrement) - 20 €

C'est un essai solide sur le dossier afghan. Après un bref rappel historique, Jauffret nous fait comprendre l'enjeu et les problèmes du "dossier". Tout est passé au crible : dossier économique, militaire, politique... Il montre tous les points de vue, passant du camp de la coalition à celui du gouvernement, des talibans et des forces françaises. J'ai particulièrement apprécié le chapitre sur les forces françaises engagées. Evolution de la pensée tactique et stratégique après neuf ans de guerre, engagement des combattants, réalité du combat et de la vie de caserne. Comme toujours je crois que l'on ne peut pas émettre de jugement sur tous ces dossiers en se contentant des infos à la télé ou de quelques articles de journaux. Seuls des essais donnent une solide approche des enjeux en cours grâce à la diversité des informations rapportées. Ils permettent ensuite de trier les "infos" rapides que l'on collecte de ci, de là, et de leur donner sens.

Afghanistan 2001-2010
 
 
La pensée extrême

La pensée extrême : comment  les hommes ordinaires deviennent fanatiques
de Geral Bronner (Denoël) - 20 €

Qu'est-ce qu'un fanatique ? Comment raisonne-t-il ? Comment ses idées qui nous paraissent si rigides ce sont elles imposées à lui ? Peut on essayer de comprendre sans être complice ?
Bref, sur ces sujets passionnants Bronner développe un essai stimulant. Ainsi, la pensée extrême est souvent l'apanage de personnes éduquées (la majorité des terroristes sont passés par l'université et sont issus de la bourgeoisie intellectuelle). On croit toujours que l'intégration sociale et culturelle immunise contre le fanatisme mais la plupart des fanatiques sont socialement entourés. On se dit, raisonnablement, que c'est du délire, mais l'auteur montre bien la dérive, étape par étape, marche par marche par laquelle on monte lentement vers le délire.

Un livre stimulant qui fait mieux comprendre certaines des petites ou grosses folies qui nous entourent.

 
 
 
 

La prospérité du vice
de Daniel Cohen (Albin Michel) - 19€


Une tentative de mise en perspective historique des économies mondiales, des origines à nos jours. Ecrit très clairement, logiquement argumenté, mais « vu de haut » évidemment. C’est une initiation, les lecteurs déjà habitués à ce genre d’essai le trouveront léger, mais pour les non-initiés c’est parfait.

La prospérité du vice
 
 
 L'état predateur

L’état prédateur
de James Galbraith
(fils de John K) (Seuil) - 23€

Une mise au point magnifique sur les errements des politiques financières américaines depuis Reagan. Et sur la lutte des économistes clairvoyants -il y en a !- pour empêcher le désastre annoncé. Deux exemples pour vous faire plaisir . Dans les années 60/70 les patrons et les cadres l’identifiaient à leurs entreprises car leurs revenus ne leur permettaient pas d’être autre chose que des salariés (d’élite certes) au service de leur groupe. La pratique massive des « stock- options » et la fragmentation accrue des actionnaires va leur permettre de faire cavalier seul. L’accélération des achats - fusions de la fin des années 80 à nos jours est plus dûe à des quêtes de profits et contrôle 
personnels qu’à la nécessité économique : le changement de stratégie radicale qui s’opère est très finement analysé. La deuxième anecdote, vous la lirez vous-même ou vous me la demanderez au magasin !

 
 
 
 Le triomphe de la cupidité

Le triomphe de la cupidité
de Joseph Stiglitz (LLL) - 23 € ou 10.50 € (Babel)

Une analyse de la crise deux ans plus tard. Quel impact, quelles négociations ont vraiment eu lieu aux Etats-Unis, qu’a fait Barak Obama face aux pressions des requins de la finance –ce sont les mêmes avant , pendant et après- qu’a-t-il dû lâcher pour avoir sa « loi » sur la santé ?
Très stimulant quoiqu’un peu déprimant quand on regarde de près.

A voir aussi un bon DVD sur l’auteur «Le monde selon Stiglitz» de Jacques Sarasin, Arte Editions 24 €

Le triomphe de la cupidite
 
 

Les hedge-funds: Entrepreneurs ou requins de la finance ? 
de Aglietta, Khanniche et Rigot
(Perrin) - 20 €

Pour les lecteurs vicieux qui veulent en savoir encore plus sur ces acteurs de la crise. Pour savoir si vous êtes à la hauteur de vos fantasmes économiques ?

Pour finir, car tout a une fin, un petit livre de sociologie « à la française »

 
 
 
 

La peur du déclassement
Eric Maurin
(Seuil) - 10.50€

Sur cette peur très française de perdre son statut. La crise amplifie cette angoisse non dite mais très mobilisatrice. Au-delà des salaires, la défense des prérogatives, qui indiquent à chacun sa place et son être social, entraîne une concurrence généralisée et une frustration générale. Une lecture neuve pour comprendre la société où nous vivons.

La peur du déclassement
 
 
Irak in translation

Irak in translation
de Mathieu Guidère (Jacob-Duvernet) - 19.90 €

L'art de perdre la guerre sans connaître la langue de son adversaire.
Encore un livre sur la guerre d'Irak me direz-vous? Oui mais sous un angle peu traité dans les médias : celui de la langue. Comment expliquer ses intentions généreuses et les mérites de la démocratie à un peuple dont on ne comprend ni la langue, ni l'écriture, ni les coutumes? Quand on fait une patrouille dans un marché, le cri guttural que l'on entend est-il celui d'un vendeur de poulets ou celui d'un homme qui hurle "tous à terre, ça va exploser!" ? Le stress est certain, mais on n'avait rien planifié. On a embauché d'abord parmi les élites locales qui connaissaient l'anglais, elles ont été les premières cibles : 150 tués lors des 12 premiers mois, plus de 300 traducteurs par an ensuite, sans compter les familles menacées, (une douzaine d'américains seulement parmi eux alors on en parle peu, mais les conséquences sont lourdes).
 On embauche alors des arabes anglophones (Egyptiens, Jordaniens...) mais rapidement il y a de gros problèmes identitaires : de nombreuses traductions sont visiblement tendancieuses. On embauche des Turcs qui se rendent compte que des officiers de l'armée turc sont infiltrés en Irak! En punition les traducteurs au service des Américains sont condamnés par contumace à la prison à perpétuité pour haute trahison!
 L'armée fait appel à des sociétés privées américaines : au USA on ne se bouscule pas au portillon,  malgré les salaires pharaoniques proposés. La rareté faisant loi on embauche des pizzaïolos ou des chauffeurs de taxis qui vont se trouver au coeur de décisions stratégiques, jusqu'à l'état major, sans que personne ne se rende compte de rien. On fera appel à des "traducteurs informatiques" aux résultats rocambolesques.

C'est une tragédie qu'on lit le sourire aux lèvres. Original et dépaysant.

 
 
 
 

En Afghanistan
de Rory Stewart (Albin Michel) - 22 €

Rory Stewart traverse l'Afghanistan à pied, deux mois après l'invasion du pays par les américains en janvier 2002. C'est la traversée étonnante de ces régions, la beauté des paysages, les villages dévastés par 24 années de guerres civiles, religieuses, étrangères, le martyre des populations hazéris. On rencontre des chefs de guerres mégalomanes, hypocrites ou généreux; des soldats et paysans, méfiants, ouverts, dangereux (c'est selon), toute une faune masculine - bien sûr - parlant ourdou, farsi, arabe, ou autre. Il adopte au passage un vieux chien de 60 kg aux dents cassées et voit passer des hélicoptères qui déposent durant quelques heures des conseillers européens escortés de militaires armés jusqu'aux dents qui vantent les mérites de la démocratie - commentaire du chef interloqués : "ce mot, démocratie, il est dans le Coran? ....... discussion avec l'imam...

On saute aussi d'Alexandre le Grand à Babour (XVème siècle) puis de la tragédie britannique de 1842 à l'invasion russe de 1979 car l'auteur connaît l'histoire mieux que personne - et visiblement mieux que les autochtones.
Il y a des moments extraordinaires comme le récit du pillage à coups de pioche d'une ancienne cité historique (Jam) par des villageois qui bradent pièces, faïences et statues pour ne pas mourir de faim. Rory leur raconte l'histoire de leur ancienne cité, le chef méditatif conclut: "cette cité aura été détruite deux fois, finalement." Non, trois, dit rory, la troisième fois c'est par vous! Eclats de rire général!

Bref on passe un moment... comment dire? ... déconcertant!

En Afghanistan
 
 
Le Cygne Noir

Le Cygne Noir
de Nassim Nicholas Taleb (Belles Lettres) - 23 €

Sur la puissance de l'imprévisible: pour moi le meilleur essai de l'année 2008.
Nos ésprits humains sont faits pour donner du sens à notre vie contre toutes les probabilités. A travers des dizaines d'expériences de sociologie et de pensées, de la dinde de Noël à la philosophie antique, un gros bijou sur le plaisir d'être dupe de soi.

 
 
 
 

Improbable Abkhazie
de Léon Colm
(Autrement) - 10 €

Récit d'un anglais à travers cette ancienne république soviétique, indépendante depuis 15 ans dans la dénégation des instances internationales. Une poignée d'hommes et de femmes ont combattu pour cet état aujourd'hui à l'abandon, tout semble absurde mais les Abkhazes ont lutté pour ce bout d'histoire et de territoire qu'ils se sont forgés - témoignage étrange et émouvant. 

Improbable Abkhazie
 
 
Histoire universelle de Marseille Histoire universelle de Marseille
(De l'an mil à l'an deux mille)
de Alèssi Dell'Umbria (Agone) - 28 €

Plus qu'une histoire de la cité phocéenne, ce livre est une réflexion politique sur la ville et ses rapports contradictoires avec l'Etat Nation. Au moment où l'idée d'identité nationale semble acquérir, de nouveau, une légitimité politique forte, il nous invite de façon originale à re-lire notre Histoire sans nous détourner des conflits, des oppositions que l'idéologie nationale préfère taire. A travers le destin de Marseille tour à tour ville franche, ville portuaire... c'est de notre destin qu'il s'agit.

 
 
 
 

Dans la zone verte - Les Américains à Bagdad
de Rajiv Chandrasekar
(L'Olivier) - 22 €

L'histoire de la première année d'occupation de l'Irak par l'armée américaine,raconté par le correspondant du  Washongton Post. J'avais conseillé il y a quatre ans "Les décisions absurdes; sociologie des erreurs radicales et persistantes" de Morel (Folio), il s'agit d'une sorte d'illustration involontaire. Les américains sont célèbres pour leur pragmatisme parait-il, c'est à n'y rien comprendre. Un pléïade de projets sans contcat avec le monde extèrieur- entendez irakien- réalisé par des experts séléctionnés pour leurs fidélités républicaines plus que pour leurs compétences: tout est réunis pour le fiasco que l'on sait. 

Dans la zone verte
 
 
L'Injustice ménagère L'injustice ménagère
Sous la direction de François de Singly (Pluriel, Hachette) - 9.90 €
 
Tout le monde le sait : aujourd'hui encore, dans les pays développés, le partage des tâches ménagères reste inégal. Que la femme ait une profession ou non, qu'elle vive séparement de son conjoint ou non, les tâches ménagères sont largement pour elle.  Au point que pour une quote part de 60/40 la répartition sera considérée comme égalitaire. Et encore, je parle toutes tâches confondues. La différence s'accroît si on distingue les travaux particulièrement "séxués" (linge, ménage, cuisine d'un côté ; bricolage et voiture de l'autre !). Bref, le livre se contente -et cela est extrémement fascinant-  d'étudier le discours feminin sur cet état de fait, comment "le ménage" fait le ménage, ou l'inverse... Les justifications et représentations mises en avant face au discours féministe qui semble envahir les médias sont étudiées au scalpel par l'équipe de sociologie de Singly toujours aussi pertinente, dans la lignée des ouvrages remarquables de Kaufmann sur le couple (La trame conjugale etc.).
 
 
 
  Un si fragile vernis d'humanite
de Michel Terestchenko (Poches Sciences, La Découverte) - 11.50 €

Sur la banalité du mal mais aussi du bien. Qu'est ce qui fait que l'on choisit de tendre la main ou de fermer la porte ?  Mêmes exemples du mal, et aussi images extraordinaires de ses héros modestes, de Giorgio Perlasca à André Trocmé : quand l'historien demande à Trocmé pourquoi, quand la femme juive frappe à sa porte et lui demande du secours, il accepte, avec les risques que cela implique, il répond : ".... mais c'était évident !"
Beaucoup d'autres livres , évidemment,  mais on ne peut parler de tout !

Un si fragile vernis d'humanité
 
 
Ce qui circule entre nous

Ce qui circule entre nous
de Jacques T. Godbout (Seuil) - 23 €

Une étude remarquable sur ce que l'on donne, ce que l'on reçoit, ce que l'on rend. A travers le marché anonyme-c'est sa force- qui échange des biens, le don entre les hommes qui échange des liens est le coeur du livre. Au delà d'une analyse sur la bienveillance ou la morale,un texte tout en finesse qui détruit beaucoup d'idées préconçues, passe au crible toute les perversions de celui qui donne comme de celui qui recoit ou bien simplement du lien qui se tisse. Pour mieux comprendre l'humanité de cet acte.
  

 
 
 
  Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle 
de Geert Mak (Gallimard) - 35 €

Mon premier grand coup de coeur de l'année ! Un voyage historique et journalistique où se mèlent analyses et témoignages dans une Europe dévastée par ses souvenirs. D'un bout à l'autre de l'Europe, du Paris de l'an 2000 visité avec un guide  de 1905, jusqu'aux rives de la Volga qui charrie son trop plein de souffrances et de mémoire : un livre très fort !   

PS rajouté en Janvier 2008:  de tout les livres lus en 2007 c'est celui qui m'a le plus marqué.   

Voyage d'un Européen à  travers le XXe siècle
 
 
Le Scandale dans l'art Le scandale dans l'art
de Pierre Cabanne  (La différence) - 25 €

Un essai intéressant pour les ignares comme moi en matière d'histoire de l'art. A travers une soixantaine de tableaux du XIV ème au XXème siècle, on voit toute l'évolution de la pensée et de la sensiblilité humaine. Chaque étape est marquée par une polémique qui, avec le recul, nous semble dérisoire. Je me suis amusé avec mes filles, avant de lire le livre, à trouver le scandale qui a pu avoir lieu en regardant chaque tableau, et bien, aujourd'hui cela n'est pas aussi évident!
Où est le scandale dans "Le radeau de la Méduse"  de Géricault ? l'homme debout est noir ! et il brandit un chiffon! rouge ! pourquoi pas l'étendard de la liberté tant qu'on y est ? Et puis tous ces corps nus et affalés !
Pour "l'Angelus" de JF Millet je vous laisse deviner...
Bref ça se lit vite et bien et, entre nous, pour les oeuvres fin XXème, je ne comprends toujours rien !

Jean-Marc 

 
 
 
  Marianne et les colonies
(Une introduction à l'histoire coloniale de la France)

de Gilles Manceron ( La Découverte) - 13.50 €

Amnésie voilà le mot qui résume l'attitude de la France concernant ses colonies. Au trou de mémoire colonial cet essai préfère exposer, interroger une histoire sombre et présente qui témoigne des contradictions entre les valeurs que la république a proclamées et les pratiques qu'elle s'est autorisées dans ses colonies d'outre-mer. Ce faisant c'est aux représentations léguées par l'entreprise coloniale et à l'imaginaire qui en découle que ce livre s'attaque, instaurant les conditions d'une réinvention de notre mémoire collective contre le refoulement de notre passé commun. Indispensable.

Frédéric

Marianne et les colonies
 
 
 

Haut de page