Malaise dans la démocratie

20/04/2016 11:48

Jean-Pierre Le Goff / Stock / 19 €

Mais quelle démocratie est malade ? Un éclaircissement aurait été le bienvenue.
Sinon c’est un bon livre qui fait réfléchir sur les limites de la pensée libérale telle qu’elle a été conçue au début du XIXème siècle. Tocqueville : «…l’individualiste est comme étranger à la destinée de tous les autres, s’il lui reste encore une famille, on peut dire au moins qu’il n’a plus de patrie ».Porté au pinacle par le mouvement de 1968 l’individualisme trouve aujourd’hui ses limites.
Par exemple, dans le projet d’éducation des « libres enfants de Summerhill », les enfants n’avaient pas besoin d’éducation, ils apprenaient naturellement le bien si on les laissait faire ! C’était à leurs parents d’être à leur écoute et d’apprendre d’eux ! Deux générations plus tard leurs petits-enfants exigent le retour de l’autorité comme principe éducatif, que s’est-il passé ?

Jean-Pierre Le Goff montre ainsi à travers les pratiques de l’éducation, du management moderne qui atomise les salariés, des nouvelles pratiques de la fête ou de la religion, le caractère pernicieux de cet individualisme sans transcendance. L’état qui était censé nous incarner et nous représenter n’est plus qu’une chambre d’enregistrement à faire valoir nos droits, nous ne sommes plus qu’une multitude d’atomes individuels volant à travers le monde.
Que faire ? Laissons Camus répondre à la fin du livre : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ».

Jean-Marc